T +34 955 44 30 30
Voir les disponibilités
L’HÔTEL

LUMIÈRE DU SUD, SAVOIR-FAIRE DU NORD

La maison seigneuriale sévillane et le design scandinave dialoguent chez Plácido y Grata à travers la lumière, le savoir-faire artisanal et une vision commune du design.
Detalle de las zonas comunes de Plácido y Grata y como la luz influye en su arquitectura.

Cecilia Böhl de Faber est née en Suisse, a grandi entre l’Allemagne et la France, et n’est arrivée en Andalousie qu’à l’âge adulte, avec un nom de famille qui sentait un autre climat. Elle a signé ses œuvres sous le nom de Fernán Caballero et a consacré une grande partie de son travail à décrire, avec une précision presque d’inventaire, la vie à l’intérieur des maisons sévillanes du XIXe siècle : leurs salons, leurs grilles en fer forgé, la façon exacte dont la lumière entrait par la cancela et s’arrêtait à mi-hauteur au-dessus du zaguán. Ce qui est curieux, c’est qu’il aura fallu un regard venu du nord, formé à une autre lumière et une autre langue, pour mettre par écrit ce que Séville tenait pour acquis depuis des siècles. Quelque chose de semblable se produit à l’hôtel Plácido y Grata : deux climats distincts qui se reconnaissent dans l’essentiel et n’ont pas besoin de se traduire l’un l’autre.

Une maison seigneuriale sévillane du XIXe siècle se construisait à partir de la rue. D’abord le zaguán, ce couloir d’entrée pénombreux qui servait à la fois de filtre et de mise en scène. Puis la cancela, la grille ajourée qui annonçait le patio sans le livrer tout à fait, un seuil littéral entre le public et le privé qui fonctionnait aussi, il faut bien le dire, comme une vitrine de statut social. Autour de ce centre s’organisaient les salons de réception, les plus nobles, et derrière, hors de la vue du visiteur, la cuisine et les pièces de service

À l’étage, quand la maison en avait un, dormait la famille, loin du bruit de la rue. Ce qui importe ici, c’est tout ce qui entourait ce centre, la séquence complète des pièces qui faisait d’une maison bourgeoise un petit théâtre domestique, pensé pour une fortune bâtie sur l’huile d’olive, le vin ou le commerce avec les Amériques, une fortune qui avait besoin de se montrer sans jamais se dire à voix haute.

La luz tenue con los diferentes elementos de las habitaciones crean espacios mágicos en el hotel

La sobriété sous l’ornement

 

Au début du XXe siècle, alors que Séville se préparait pour l’Exposition ibéro-américaine, un groupe d’architectes mené par Aníbal González s’est tourné vers le passé et a réinventé ce langage, donnant naissance au Régionalisme sévillan. Le mouvement a conservé la brique apparente, l’azulejo, la ferronnerie, l’arc en plein cintre, et les a transposés dans des bâtiments neufs selon une logique résolument moderne pour l’époque : faire du métier et du matériau une identité. Sous l’ornement se cache une structure sobre, presque élémentaire, qui résout un problème constructif par les moyens les plus directs possibles. Cette sobriété de fond est aussi la clé de tout ce qui suivra.

« Cette sobriété de fond est aussi la clé de tout ce qui suivra »

Le design scandinave du XXe siècle part d’un problème tout autre et aboutit, étrangement, à la même conclusion. Là où le sud avait un excès de lumière à maîtriser, le nord souffrait d’un manque de lumière à capter, et les deux cultures ont fini par se passionner pour le même matériau de travail. Dans les deux cas, le métier prime sur l’ornement ; le matériau se montre plutôt que de se cacher. Un ébéniste du Hälsingland et un ferronnier de Triana ne se seraient pas compris en paroles, mais ils se seraient reconnus au premier coup d’œil à la vue du travail de l’autre.

Le même matériau, deux climats

 
C’est ce principe qui a guidé Your Living Space Atelier lors de la réhabilitation du bâtiment. Le studio, dirigé par une équipe d’architectes et de décoratrices d’intérieur, a joué avec le mobilier nordique pour adapter les pièces et les espaces, les rendre accueillants et, surtout, confortables pour les hôtes. Le zaguán conserve sa fonction de filtre entre la rue et l’intérieur, sauf qu’aujourd’hui ce filtre débouche sur une réception aux lignes épurées.

Les anciens salons de réception, conçus pour impressionner, sont devenus des salles polyvalentes et des espaces communs conçus pour s’attarder plutôt que pour paraître. Les quinze chambres conservent les proportions et la hauteur sous plafond d’une maison qui n’a jamais été pensée pour loger des voyageurs, et c’est précisément là que le geste nordique se remarque le plus, dans la manière d’introduire le chêne, le lin et des pièces de mobilier aux lignes dépouillées, sans jamais entrer en concurrence avec un plafond à caissons ou une moulure d’origine.

Ce qui distingue ce type de réhabilitation d’une simple opération de décoration, c’est justement ce refus de choisir un camp. La maison seigneuriale n’a pas été restaurée pour la figer en 1890, et aucune esthétique nordique n’a été imposée pour l’effacer. Les deux logiques ont été laissées à coexister parce que, au fond, elles partagent la même éthique de travail : un matériau honnête, un métier visible, une absence de bruit inutile.

La maison seigneuriale et le design nordique ne se ressemblent pas parce que l’un n’aurait pas influencé l’autre. Ils se ressemblent parce que tous deux sont arrivés, par des chemins entièrement différents, à la même conclusion honnête : qu’un objet bien fait, ou un espace bien pensé, n’a pas besoin d’élever la voix. Fernán Caballero l’aurait compris tout de suite. Elle aussi venait d’un autre climat, et elle a appris à lire celui-ci sans le traduire.

Partager cette histoire
YLS_FERMLIVING-41

Meilleur tarif en réservant ici

Tarif exclusif sur notre site officiel avec un verre de bienvenue

Réservez maintenant